vendredi 27 avril 2007

LA VIEILLE FILLE



Dans une petite chambre à coucher
Remplie d'objets qui se touchent
Peignée de lumière d'halogène
Qui gêne et durcit les traits
Raccourcit les distances
Et abat les sens,
Une vieille fille pense.
Elle observe dans son miroir
Les piquets de sa pensée
Qui s'enfoncent au rythme du coeur
Encore et encore.
Pendant ce temps,
Un poil pousse
Une ride se creuse
Une larme roule.
La vieille fille a perdu toute l'espérance
D'avoir sa chance.
Elle se soulève et fait trois pas de danse
Puis trois et encore trois;
Les murs de la pièce s'en vont
A petits pas.
Un tapis moelleux et épais
Embrasse ses pieds;
De lourds rideaux soyeux
Partagent les lieux.
Ce n'est même pas la peine
De tendre le bras,
Elle sait qu'il est là
Comme une tige juteuse,
Etiré et beau
L'homme la suit des yeux
La vieille fille pense très fort
Sa tête chavire de bonheur
Elle tourne, elle tourne
Elle vacille, se retourne et retombe
Au bord du lit, à la renverse de son esprit.
C'est impossible de supporter
Autant de bonheur
Dans sa petite chambre
Couverte de papier peint à fleurs.
Alors elle ouvre la porte et sort;
Elle respire cet air frais
De la nuit qui pâlit
Et se dit
"Tout n'est pas perdu
Demain, c'est un autre jour"
Et le rêve continue.








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