mardi 17 avril 2007

L'ABATOIR D'UN BAR

La fumée se déplace, gaze, entrelace
Dans sa danse fugace les fumeurs
Ces adolescents gris
Des hommes et des femmes à touts prix
La fumée se déplace et se plonge
Dans l’étendue finie
Des nocturnes et leurs oublis


Dans la nuit la réalité est soule et assise
La salle tourmentée s’est laissée allée
Un chant se fait entendre
Des cœurs solitaires dialoguent avec des monologues
La foule est haute en couleurs noires
Maquillée, sourde et blafarde
Elle attend son heure
Mais
Les dieux de l’oubli sont passés dans la nuit
Ont emporté les noms des familles
Ils ne restent que Momo, Coco, Pierrot, Laulo, Zazie
Kiki, qui rit…
Ils restent debout blottis au bar
L’Hébreu, le Maroquin, l’Africain, le rouquin
La dope et le pope
Les enfants de Zanzibar
Les Ugo de l’avant troisième guerre mondiale
Et tous les cafards
Il est deus heures
La musique monte pour marquer l’ouverture des portes
Non, Messiers, Dames
Fin de service
Il n’y aura pas de bis
Pam, pam, pam, pam
Pam, pam, pa-ram


2



Tout le monde part en roulant
En traînant, en rampant
Aspiré avec la fumée par le grand air du dehors
Emportant les idées des autres
Son alcool et ses malheurs

Seul au bout de la rue le petit bonheur reste pensif
Personne ne veut de lui
Il est de trop dans cette vie

Antonina 12 12 96

2 commentaires:

Megane a dit…

Le petit bonheur se tient à l'écart pour défier celui ou celle qui sera en état de venir le prendre par la main

A.Atanassova a dit…

Etre en état de prendre le petit bonheur par la main, voilà un défi de première grandeur.
Antonina