samedi 7 avril 2007

13. La treizième nuit

 




Je jette les souvenirs, que je n’ai pas
J’éteins les feux qui ne brûlent pas
Je lis des livres que je n’ai pas
Et je passe le plus clair de mon temps à ranger
Debout parmi les objets
Obstrué, englouti l’espèce mort, dedans-le noir.
Je cherche la lumière qui manque
En plein jour
Jamais mes persiennes ne sont pas baissées
Leur roulement ressemble à des âmes blessées
Mes fenêtres restent grands ouvertes
Jours et nuits, les rideaux flânent
Nous ne dormons pas, nous nous tenons les mains
Nos doigts se touchent à peine pour
Montrer le chemin des instants délicieux, passés
Par hasard.
Et à peine nous esquivons des gestes dans l’espace-temps
Sans penser à la fin du moment présent
Sans souvenir nous ferons comment
Dites
Pour raconter le passé à nos enfants.

7 avril 2007

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